Combien coûte la traduction? Faites le calcul!

10 novembre 2014
(L’usage du masculin a pour seul but d’alléger le texte)

Dans Traduction : choisir un pigiste ou un cabinet?, j’ai tracé quelques lignes directrices à suivre afin de choisir un traducteur professionnel ou un cabinet de services linguistiques. J’expliquais alors que « n’importe qui peut s’improviser traducteur puisque le titre n’est pas réservé aux traducteurs professionnels. » Cette caractéristique entraîne de lourdes conséquences sur le fonctionnement du marché de la traduction : ainsi, vous trouverez des cabinets qui vous offrent leurs services pour 30 %, voire 50 % moins cher qu’une entreprise reconnue dans le domaine. Comment est-ce possible?

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Établissons d’abord les données générales qui serviront à calculer le prix à payer pour un projet donné.

  • Au Canada, un traducteur professionnel chevronné (10 ans d’expérience) coûte en moyenne 60 000 $ par année, charges salariales incluses. Il traduit en moyenne 1 900 mots par jour;
  • Au Canada, un traducteur débutant coûte en moyenne 35 000 $ par année, charges salariales incluses. Il traduit en moyenne 1 300 mots par jour;
  • La pratique courante des entreprises de services, tous secteurs confondus, consiste à viser un prix de vente correspondant à deux fois les coûts variables. La marge ainsi dégagée permet d’assumer les coûts fixes (bureaux, équipement, logiciels, administration générale et, surtout, gestion de projet – on pourrait également considérer ce dernier comme un coût variable) tout en se ménageant un profit net de l’ordre de 5 à 10 %.

Bien entendu, il s’agit ici de généralités. Le chevronné traduira plus rapidement des documents très simples, et plus lentement des documents très complexes. De même, certains chevronnés gagnent bien plus que 60 000 $ par année, mais peu gagnent moins de 50 000 $. Par ailleurs, les petits cabinets de services linguistiques se dotent souvent d’une structure plus légère et, par conséquent, assument des frais fixes moins élevés.

Votre projet

Vous devez faire traduire un document de 5 700 mots. Son degré de difficulté est moyen (une brochure publicitaire, par exemple), et il est destiné à vos clients ou au grand public.

Méthode 1 : traduction et révision par des professionnels chevronnés

Un traducteur professionnel chevronné (10 ans d’expérience) mettra environ 3 jours à traduire votre document. Comme celui-ci aura une certaine visibilité, vous souhaitez qu’il soit révisé par un tiers, également traducteur chevronné. Ce dernier mettra une demi-journée à le réviser.

Selon cette méthode, votre projet coûtera au cabinet en seuls coûts variables environ 913 $. Il vous en coûtera à vous, le client, entre 1 300 $ et 1 800 $.

Méthode 2 : traduction par un débutant, révision par un chevronné

Un traducteur débutant mettra environ 4,5 jours à traduire votre document. Étant donné son manque d’expérience, une révision est absolument nécessaire, et le réviseur chevronné y mettra une journée complète, soit beaucoup plus de temps que s’il révisait un traducteur chevronné.

Selon cette méthode, votre projet coûtera au cabinet en seuls coûts variables environ 945 $. Il vous en coûtera à vous, le client, entre 1 400 $ et 1 900 $.

Comment, alors, certains cabinets arrivent-ils à offrir de la traduction pour 30 % à 50 % moins cher?

Il y a plusieurs moyens de réduire le prix de la traduction, mais il n’y a pas de recette magique. Voici quelques façons de faire courantes dans la tranche inférieure de notre secteur d’activité :

  •  Certains cabinets réduisent le temps passé au projet simplement en éliminant l’étape de la révision. Cette approche peut être acceptable si l’on a recours à un traducteur chevronné hors pair qui peut lui-même « s’autoréviser ». Mais si la traduction est accomplie par un débutant, aussi talentueux soit-il, une révision s’impose!
  • Certains cabinets offrent des salaires (ou des honoraires) moindres aux traducteurs professionnels. Il arrive, même si c’est assez rare, que de bons pigistes se retrouvent à court de travail pour une certaine période et qu’ils « doivent » alors accepter des honoraires moindres pour se garantir un minimum de revenus.
  • Certains cabinets embauchent des traducteurs non qualifiés. Souvent, il s’agit de personnes bilingues qui se sont improvisées traducteurs et dont les compétences ne se comparent pas à celles des traducteurs chevronnés. Ces derniers éprouvent davantage de difficulté à trouver du travail, et acceptent des conditions moins avantageuses en désespoir de cause. En fin de compte, c’est la qualité de la traduction (celle du produit qui vous est livré) qui en souffre.
  • Certains cabinets font appel à des traducteurs situés dans d’autres pays francophones, qui travaillent à des prix pouvant être inférieurs de 50 % à 80 %, selon le pays. La plupart du temps, les réviseurs d’ici s’arrachent les cheveux à tenter de reconstruire leurs traductions et à les rendre intelligibles. Résultat : une traduction de piètre qualité et un taux de roulement élevé des réviseurs.

En conclusion, la traduction est un service qui requiert essentiellement du capital humain. Pour cette raison, son coût n’est pas aussi élastique que peut l’être celui de certains produits. Il variera de 5 % à 15 % d’un cabinet sérieux à un autre, mais vous trouverez également des entreprises prêtes à vous l’offrir pour 30 % à 50 % moins cher, selon leurs façons de faire. Votre choix dépendra de la qualité que vous recherchez et, surtout, du risque que vous êtes prêt à prendre.

Fabien Côté – cote.fabien@trans-it.ca

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